Arrimer la formation internationale avec l’immigration canadienne L’identité et la réussite du Canada ont longtemps été façonnées par les contributions des personnes immigrantes. / Arrimer la formation internationale avec l’immigration canadienne L’identité et le succès du Canada sont depuis longtemps façonnés par la contribution des immigrants Le premier ministre a réaffirmé l’importance continue de l’immigration. Dans sa lettre de mandat au Cabinet et dans le discours du Trône, il s’est engagé à « Attirer les plus grands talents du monde au Canada… tout en ramenant nos taux globaux d’immigration à des niveaux viables » Le Plan des niveaux d’immigration 2026-2028 renforce ces engagements en affirmant que le Canada adopte une nouvelle approche de l’immigration, axée sur « le comblement des besoins du marché du travail, le renforcement des secteurs clés de l’économie et le soutien des collectivités partout au pays » Pour atteindre ces objectifs, des changements au système d’immigration seront nécessaires. À l’heure actuelle, le système ne tient pas suffisamment compte du type et de l’ampleur des pénuries de main-d’œuvre auxquelles le pays est confronté lorsqu’il sélectionne les immigrants économiques. Toutefois, plusieurs programmes d’immigration visent déjà à répondre aux besoins du marché du travail, notamment : Sélection fondée sur des catégories dans Entrée express Dans le cadre du système Entrée express, certains candidats sont invités à présenter une demande de résidence permanente parce qu’ils correspondent à une catégorie précise établie pour atteindre un objectif économique déterminé. Les catégories actuelles comprennent : la maîtrise du français; les professions des soins de santé et des services sociaux; les professions en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM); les métiers spécialisés; les professions en agriculture et agroalimentaire; ainsi que les professions liées à l’éducation. Programme fédéral des métiers spécialisés Administré par Entrée express, ce programme met l’accent sur les personnes ayant une formation dans un métier spécialisé — notamment dans la construction, le transport, la fabrication, les ressources naturelles et l’agriculture. Les candidates et candidats doivent détenir une offre d’emploi au Canada ou être qualifiés pour exercer leur métier au Canada. Projets pilotes d’immigration pour les travailleurs en services de soins (garde d’enfants et soutien à domicile) Ces projets permettent aux personnes ayant une offre d’emploi dans leur domaine d’immigrer de façon permanente au Canada. Ils comportent des volets pour les personnes actuellement au Canada ainsi qu’un volet — qui ouvrira ultérieurement — destiné aux personnes se trouvant encore à l’étranger. Programmes propres aux provinces Cela comprend les Programmes des candidats des provinces (PCP), les travailleurs qualifiés sélectionnés par le Québec et le Programme d’immigration au Canada atlantique. Les provinces peuvent nommer des personnes pour immigrer au Canada si elles possèdent les compétences, la formation et l’expérience professionnelle nécessaires pour contribuer à l’économie. Souvent, une offre d’emploi est requise pour être nominé. Les immigrants titulaires de diplômes collégiaux ou de certifications de métiers sont actuellement sous- représentés parmi les immigrants économiques : seulement 12 % détiennent un diplôme collégial et 4 % une certification de métier Cependant, les pénuries de main-d’œuvre continuent de s’accentuer. Ces programmes ne permettent d’accueillir qu’une fraction du nombre de personnes nécessaires pour combler les écarts de compétences au Canada. Bon nombre de ces programmes sont des voies d’immigration en « deux étapes », axées sur la transition de personnes déjà présentes au Canada avec un permis de travail vers la résidence permanente. Ces programmes ont constitué un élément important du système d’immigration canadien, mais ils ne génèrent pas un apport net de nouveaux talents pour répondre aux besoins du marché du travail. Ces approches feront l’objet de pressions accrues dans les prochaines années en raison de la réduction des permis de séjour temporaire. Le système d’immigration canadien ne parvient pas non plus à accorder une priorité suffisante aux personnes ayant des compétences techniques et professionnelles, malgré les importantes pénuries dans ces secteurs. Les immigrants titulaires de diplômes collégiaux ou de certifications de métiers sont actuellement sous-représentés parmi les immigrants économiques : seulement 12 % détiennent un diplôme collégial et 4 % une certification de métier. À l’inverse, plusieurs programmes d’immigration — dont Entrée express — privilégient les personnes possédant un diplôme universitaire plutôt que celles ayant une formation plus technique. De nombreuses personnes ayant complété un programme d’un ou deux ans au niveau postsecondaire n’obtiennent pas un score suffisamment élevé pour être compétitives dans le système Entrée express. Avec les récentes réductions des cibles d’immigration, il est plus important que jamais de s’assurer que le Canada maximise et cible efficacement les talents qualifiés qui entrent au pays. Les cibles d’admissions de résidents permanents ont diminué de 21 % entre 2024 et 2026. Parallèlement, le gouvernement a réduit le nombre de personnes admises temporairement, passant de 673 650 admissions en 2025 à 385 000 en 2026 — une baisse de plus de 40 %. Si le Canada souhaite réellement utiliser l’immigration pour combler ses pénuries critiques de main-d’œuvre, le pays doit repenser en profondeur la manière dont il attire les travailleurs qualifiés. Entrée temporaire au Canada Baisse de 42 % du nombre total d'inscriptions Études de cas Voies actuelles d’immigration économique Les voies actuelles d’immigration ne fonctionnent pas bien pour les personnes formées (ou souhaitant se former) dans des professions techniques et professionnelles, comme l’illustrent les deux études de cas hypothétiques suivantes : La voie de l’immigrant qualifié Priya est une jeune femme de 25 ans originaire de l’Inde. Elle a suivi une formation et travaille actuellement comme aide-infirmière (un rôle comparable à celui de préposée au service de soutien personnel). Elle a obtenu sa certification auprès d’une ONG, où elle a suivi un programme d’une durée de huit mois. Souhaitant immigrer au Canada, Priya a présenté une demande par l’entremise du Programme des travailleurs qualifiés (fédéral), qui privilégie les types d’emplois qualifiés, dont les aides-infirmières. Priya possède une forte maîtrise de l’anglais, une expérience de travail pertinente et est âgée de moins de 35 ans. Toutefois, elle n’a obtenu que 411 points au Système de classement global (SCG) du Canada, alors que le seuil de sélection se situe généralement près de 500 points. Jusqu’à tout récemment, si Priya avait détenu une offre d’emploi au moment de sa demande, elle aurait pu obtenir 50 points supplémentaires, ce qui lui aurait potentiellement permis d’être invitée dans le cadre d’Entrée express. Cependant, les points liés aux offres d’emploi ont été retirés du SCG en mars 2025 afin de réduire les risques de fraude. Priya a envisagé d’autres voies d’immigration, comme les Programmes des candidats des provinces (PCP). Toutefois, pour être admissible, elle devrait obtenir une offre d’emploi d’un employeur de la province. Elle a postulé à des postes de PSSP, mais a éprouvé des difficultés à recevoir des offres, car les employeurs accordent souvent plus de valeur aux candidates et candidats ayant des titres de compétences canadiens et ont tendance à recruter des infirmières formées à l’étranger plutôt que des aides-infirmières. Malheureusement, Priya n’a pas accès à une formation canadienne offerte à l’étranger, et déménager au Canada pour suivre une formation est trop coûteux pour elle, particulièrement sans garantie d’emploi. L’histoire de Priya met en lumière les difficultés liées au décalage entre le système d’immigration du Canada et les besoins du marché du travail. Bien que le Canada ait un besoin criant de PSSP, le programme Entrée express n’accorde pas suffisamment de points pour permettre à un grand nombre de PSSP d’immigrer. D’autres programmes exigent une offre d’emploi, mais les employeurs préfèrent des candidates et candidats possédant des titres de compétences qu’il n’est possible d’obtenir qu’au Canada. Priya n’est qu’un exemple parmi tant d’autres d’aides-infirmières qualifiées qui souhaitent venir travailler au Canada, mais qui éprouvent des difficultés à immigrer pour combler ces besoins essentiels. Études de cas La voie de l’étudiant international Aiman a 23 ans et vient de Malaisie. Il est venu au Canada pour étudier afin de devenir éducateur de la petite enfance (EPE). Il s’inscrit à un programme menant à un diplôme de deux ans dans un collège public à Toronto, au coût de 15 000 $ par année. Bien que le programme soit offert en ligne, il doit le suivre en personne, car autrement, il ne serait pas admissible à un permis de travail postdiplôme. Après son déménagement à Toronto, ses frais de subsistance s’élèvent à environ 23 000 $ par année, soit beaucoup plus qu’en Malaisie. Aiman contracte une dette importante, alors que les salaires en éducation à la petite enfance en Ontario ne sont que de 30 000 $ à 40 000 $ par année. En conséquence, il sera accablé par ses dettes pendant de nombreuses années. Aiman bénéficie de ses stages en centres de garde, où il acquiert une connaissance précieuse du milieu de la petite enfance et établit des liens avec des employeurs. Une fois diplômé, il obtient un permis de travail postdiplôme de trois ans et décroche un emploi dans un service de garde où il avait effectué un stage. Toutefois, il lui faudra encore plusieurs années pour devenir admissible à la résidence permanente au Canada. Aiman aspire à devenir Canadien et souhaite travailler dans un secteur qui fait face à d’importantes pénuries de main-d’œuvre. Pourtant, le coût de la formation et de la vie au Canada est prohibitif, et à la fin de son programme, il n’a aucune garantie de pouvoir rester au pays. La voie de l’étudiant international ne place pas adéquatement les gens sur la voie de la réussit. La voie à suivre Les Centres mondiaux de développement des compétences (CMDC) visent à créer une nouvelle voie pour les personnes qui souhaitent immigrer au Canada à titre d’immigrant économique. La voie des CMDC (décrite plus en détail à la page 25), avec l’appui du gouvernement, permettrait de conserver les avantages des voies actuelles tout en éliminant leurs obstacles. Ainsi, les personnes immigrantes pourraient obtenir des titres de compétence reconnus au Canada, mais depuis leur pays d’origine, et ne viendraient au Canada que lorsqu’elles sont prêtes et en mesure de commencer à travailler. Introduction au défi Les approches actuelles pour corriger les pénuries de main-d’œuvre ne sont pas suffisantes Les écarts de compétences et de main-d’œuvre au Canada D’importantes pénuries de main-d’œuvre et de compétences menacent la prospérité du Canada Arrimer la formation internationale avec l’immigration canadienne L’identité et la réussite du Canada ont longtemps été façonnées par les contributions des personnes immigrantes Exemples internationaux d’EFTP Enseignement et formation techniques et professionnels Centres mondiaux de développement des compétences Appliquer les enseignements internationaux au contexte canadien Recommandations Si les Centres mondiaux de développement des compétences (CMDC) doivent soutenir efficacement les apprenantes et apprenants dans l’acquisition de compétences reconnues au Canada et dans leur parcours migratoire, ils devront s’appuyer sur un environnement favorable composé de politiques et de partenariats solides