Exemples internationaux d’EFTP

Enseignement et formation techniques et professionnels

Les pairs du Canada dans l’économie mondiale soutiennent activement l’offre d’enseignement et formation techniques et professionnels à l’étranger, particulièrement comme outil ciblé pour favoriser la mobilité de la main-d’œuvre.

Le Canada accuse un retard par rapport à des pays comme l’Australie, l’Allemagne et le Royaume-Uni dans l’exploration des avantages de l’EFTP international pour attirer les talents dont il a besoin.

Qu’est-ce que l’EFTP international?

L’EFTP international désigne la situation où la formation provenant d’un pays (c’est-à-dire le pays d’origine du fournisseur de formation et/ou du curriculum) est offerte à des apprenantes et apprenants situés dans un ou plusieurs autres.

La formation est conçue pour octroyer des accréditations

reconnus ou équivalents dans tous les pays concernés.

La formation est axée sur des compétences précises

nécessaires à des professions ou secteurs définis — il ne s’agit pas d’une formation générale, mais plutôt spécialisée, souvent axée sur le milieu de travail et élaborée avec une participation directe d’employeurs et d’industries.

La durée de la formation est à court ou moyen terme

allant de quelques mois à deux ans, et pouvant être offerte dans des formats flexibles ou plus accessibles, comme des cours de courte durée ou des programmes offerts le soir et la fin de semaine.

Partenariats mondiaux pour les compétences

Les Partenariats mondiaux pour les compétences (PMC) représentent le modèle le plus établi d’EFTP international conçu expressément pour lier la formation à la mobilité de la main-d’œuvre qualifiée. Alors que plusieurs pays de l’Union européenne et l’Australie ont participé à des projets pilotes de PMC, le Canada n’a pas encore adopté ce modèle.

Le terme « Partenariats mondiaux pour les compétences » est souvent utilisé de manière interchangeable avec d’autres expressions, notamment « projets de mobilité des compétences » ou parfois « partenariats de talents ». Les PMC reposent le plus souvent sur une entente internationale officielle, bilatérale ou multilatérale. Dans ce modèle, un pays de destination et un pays d’origine (ou parfois plusieurs pays d’origine) concluent une entente selon laquelle la formation professionnelle (FTP) et les ressources provenant du pays de destination sont offertes aux apprenantes et apprenants dans le pays d’origine.

L’objectif repose sur un modèle à double voie : une voie où certains diplômés demeurent dans leur pays après la formation et une voie où d’autres sont soutenus dans un projet de migration vers le pays de destination pour combler des besoins critiques en main-d’œuvre qualifiée.

Les défenseurs du modèle de PMC soutiennent que, lorsqu’il est bien mis en œuvre, ce cadre crée des avantages pour les pays d’origine, les pays de destination, les personnes immigrantes et les employeurs.

Modèle de partenariat mondial pour les compétences

Une publication de la Banque mondiale (2025) identifie trois caractéristiques essentielles d’un Partenariat mondial pour les compétences :

  1. La formation doit répondre aux pénuries de compétences tant dans les pays d’origine que dans les pays de destination.
  2. Les entreprises et gouvernements des pays de destination doivent assumer la majeure partie du financement de la formation.
  3. La migration doit se faire par des voies légales.

Les principaux avantages des PMC

Une approche gagnante-gagnante pour combler les pénuries de main- d’œuvre

En offrant deux parcours de formation — l’un destiné aux personnes souhaitant migrer et l’autre à celles qui prévoient rester dans le pays d’origine — les programmes créent un capital humain partagé et évitent l’exode des compétences. Les pays d’origine bénéficient non seulement des diplômés qui demeurent sur place, mais aussi des transferts de fonds et des retombées de connaissances provenant de ceux qui migrent.

Des liens solides avec les employeurs

Les meilleures pratiques en matière de PMC recommandent d’intégrer les employeurs et le secteur privé dès le début de la conception du projet afin d’assurer une formation ciblée et un jumelage efficace des diplômés avec des emplois pertinents.

Une reconnaissance coordonnée des compétences

L’un des plus grands défis pour les nouveaux arrivants en quête d’emploi dans un pays de destination concerne la reconnaissance des titres de compétences et la confiance des employeurs. Les PMC sont conçus pour faciliter activement la reconnaissance des compétences dans les deux pays.

La création d’un bassin dédié de talents potentiels dans un contexte de concurrence mondiale pour les travailleurs qualifiés

Alors que la course mondiale aux talents s’intensifie, offrir une formation professionnelle axée sur le pays de destination à des personnes désireuses de migrer dans les pays sources confère un avantage stratégique aux pays de destination dans leur capacité à attirer des travailleuses et travailleurs qualifiés.

Des coûts réduits, un soutien ciblé et une meilleure prévisibilité pour les apprenantes et apprenants

Déménager dans un pays de destination afin d’obtenir des titres de compétences est souvent coûteux, complexe et déstabilisant, surtout lorsqu’aucune garantie de permis ou d’emploi n’est offerte par la suite. Pour les personnes qui souhaitent migrer, le modèle des PMC permet d’atténuer bon nombre des obstacles les plus difficiles associés au parcours d’immigration.

Les défis associés aux PMC

Des obstacles bureaucratiques à l’entrée

Comme le modèle des PMC implique généralement l’établissement d’une entente bilatérale ou multilatérale complète entre pays, il peut être difficile de lancer les programmes et de les mettre en œuvre rapidement.

Des défis liés à l’ampleur et à la mise à l’échelle

Jusqu’à maintenant, la plupart des PMC ont été des projets pilotes ciblés et ont eu de la difficulté à prendre de l’ampleur.74 Parmi les principaux obstacles figurent des périodes de financement et de participation trop courtes, ainsi qu’une portée trop restreinte intégrée à la conception même des projets.

Une capacité limitée d’adaptation, malgré un ciblage précis

De nombreux PMC donnent lieu à des programmes conçus pour soutenir des rôles très précis et un nombre limité d’employeurs participants pour une durée déterminée. Cela peut compliquer la capacité de réagir rapidement aux changements dans l’industrie et à l’évolution des besoins du marché du travail, y compris l’expansion de l’offre de formation pour répondre à de nouvelles demandes. Une exception notable est l’Australia Pacific Training Coalition, dont la longévité et l’intégration dans une plus vaste entente multilatérale ont permis la mise en place d’une large gamme de programmes de formation technique et professionnelle.
Études de cas

Partenariat mondial pour les compétences en soins infirmiers entre les Philippines et l’Allemagne

En 2019, l’Allemagne et les Philippines ont établi le premier Partenariat mondial pour les compétences (PMC) en soins infirmiers grâce à une coalition multipartite réunissant des acteurs publics et privés des deux pays. Le gouvernement allemand a investi dans la formation tant des infirmières et infirmiers souhaitant travailler à l’étranger que de ceux qui demeurent aux Philippines. Trois écoles d’infirmières philippines offrent la formation, élaborée en collaboration avec des hôpitaux et des établissements de soins de longue durée en Allemagne. En avril 2025, le programme avait formé plus de 300 infirmières et infirmiers, dont 100 étaient prêts à partir travailler en Allemagne.

300

Infirmières formées

100

Prête à déménager en Allemagne

LIEN AVEC LES CENTRES MONDIAUX DE DÉVELOPPEMENT DES COMPÉTENCES

En soutenant les Centres mondiaux de développement des compétences (CMDC), le Canada pourrait tirer parti de nombreux avantages des modèles traditionnels de Partenariats mondiaux pour les compétences (PMC) tout en évitant plusieurs de leurs contraintes. Les PMC et la vision de 369 Global pour les CMDC partagent plusieurs caractéristiques : la création de parcours doubles pour les apprenantes et apprenants, la collaboration étroite avec les employeurs, l’intégration de services d’accompagnement ciblés liés à l’immigration, et un arrimage clair aux besoins du marché du travail. Toutefois, les CMDC, tels qu’imaginés ci-dessous, visent à être plus faciles à déployer à grande échelle, plus reproductibles et plus réactifs aux tendances du marché du travail que les PMC.

Cette approche concorde avec les publications récentes qui examinent les défis et possibilités associés au modèle de PMC. Selon la littérature, faire croître ou élargir les bénéfices des PMC est « à la fois prometteur et complexe ».

Malgré l’intérêt soutenu à l’international, l’expansion des PMC demeure modeste. Les auteurs d’un document récent de l’Organisation internationale du Travail notent que la simple expansion ou reproduction de PMC traditionnels n’est pas nécessairement la meilleure voie pour maximiser le potentiel des initiatives de mobilité de la main-d’œuvre « Une question ouverte est de savoir si l’atteinte d’une plus grande envergure se fait mieux en étendant ou en élargissant un projet [PMC] particulier, ou en appliquant ses enseignements plus largement à des politiques d’immigration ou d’autres politiques (comme celles de développement
ou du travail). […] Les gouvernements pourraient envisager d’appliquer les enseignements des projets pilotes pour éliminer les obstacles à la mobilité… ».

Global Skilling Centres represent an opportunity to apply the lessons of the GSP model at real scale by:

  • Working in collaboration with governments but not necessarily as part of formal multilateral agreements

  • Enable participation from a broader swathe of training providers and employers

  • Building flexibility and market incentives into the model: GSC-offered training can change or expand to meet Canadian and delivery-country needs

Études de cas

Australia Pacific Training Coalition

L’Australia Pacific Training Coalition (APTC) constitue le plus important
exemple d’un accord de mobilité de la main-d’œuvre, lancé en 2007. Depuis sa création, l’APTC a formé plus de 20 000 diplômées et diplômés dans divers secteurs, dans neuf pays des îles du Pacifique.

Au départ, seulement environ 2 % des diplômés du programme immigraient en Australie. Toutefois, des modifications apportées au programme afin de renforcer la voie de mobilité de la main-d’œuvre ont donné des résultats importants : 8 % des diplômés ont migré vers l’Australie depuis 2019.

Parmi les employeurs ayant embauché des diplômés de l’APTC, 98 % se déclaraient satisfaits, et 91 % affirmaient que les personnes formées avaient eu un impact positif sur la productivité et le rendement de leur entreprise.

Les principaux secteurs concernés incluent : les services communautaires, l’ingénierie et l’électrotechnologie, l’hôtellerie et le tourisme, l’éducation, l’agriculture et les affaires. L’APTC est financée par le ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce, avec certaines co-investissements des gouvernements des îles du Pacifique.

Taux de migration accru

20,000

Diplômés dans divers secteurs

Forte satisfaction des employés

Introduction au défi

Les approches actuelles pour corriger les pénuries de main-d’œuvre ne sont pas suffisantes

Les écarts de compétences et de main-d’œuvre au Canada

D’importantes pénuries de main-d’œuvre et de compétences menacent la prospérité du Canada

Arrimer la formation internationale avec l’immigration canadienne

L’identité et la réussite du Canada ont longtemps été façonnées par les contributions des personnes immigrantes

Exemples internationaux d’EFTP

Enseignement et formation techniques et professionnels

Centres mondiaux de développement des compétences

Appliquer les enseignements internationaux au contexte canadien

Recommandations

Si les Centres mondiaux de développement des compétences (CMDC) doivent soutenir efficacement les apprenantes et apprenants dans l’acquisition de compétences reconnues au Canada et dans leur parcours migratoire, ils devront s’appuyer sur un environnement favorable composé de politiques et de partenariats solides